Etre certain de rien
Edition #241 | Retour d’expérience
Retour d’expérience terrain sur LinkedIn : une publication peut stagner, puis décoller quand un commentaire déclenche la conversation. Enseignement : l’algorithme est variable, la meilleure stratégie consiste à piloter sa pratique et ses échanges pour gagner en visibilité, plutôt que chercher une recette.
Chaque publication est un test à deux dimensions. Celle de l’algorithme de LinkedIn, celle de notre ligne éditoriale avec, indirectement, de notre audience.
Cette édition est un retour d’expérience d’un week-end sur LinkedIn. Tout a commencé la semaine dernière. Je terminais la lecture du livre “Cracker l’algorithme. Réenchanter les réseaux sociaux” de Laurent François aux Éditions de l’aube, que je vous recommande pour cet été (en privilégiant l’achat dans une librairie du monde réel). Un livre recommandé par Marie Dollé, de mémoire, au détour d’une édition de sa newsletter (que je vous recommande également).
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Dans le dernier chapitre, Laurent parle du “curateur : l’archiviste de la mémoire vive”. Je me retrouve dans ce qu’il décrit. Je surligne au fluo et au crayon à papier de nombreux passages. Oui, sacrilège pour certains, j’annote mes livres, comme cette phrase : “La curation, un moment de réflexion d’abord pour soi, qui peut ensuite être partagé avec une audience.” Avec ce passage, je ressens que l’auteur sait que j’anime FIERE, une newsletter de curation argumentée.
Le sujet de la curation est un sujet que j’aborde dans mes prises de parole sur LinkedIn. - Instant pub : c’est aussi le cœur d’ateliers pratiques que j’anime dans les entreprises pour développer l’influence professionnelle des collaborateurs. Fin instant pub - Comme certaines de mes dernières publications avec un visuel donnent de bons résultats ces derniers temps en termes d’impressions et surtout d’interactions et de commentaires, je me décide à partager dans une publication les passages surlignés et j’y mets deux petits Nano:ztags pour tenir les pages ouvertes afin de faire la photo. C’était vendredi dernier.
Quelques heures plus tard, LinkedIn affiche dans mes notifications deux stats d’impressions. L’une concerne un commentaire passé, l’autre cette publication. Respectivement 1 808 et 175. A chaque fois, ça me fait sourire de voir les commentaires surpasser en visibilité les publications. Certainement parce que depuis des années, je prône le commentaire comme levier d’influence professionnelle. Depuis que la plateforme nous offre une preuve en spécifiant le nombre d’impressions, j’en suis d’autant plus convaincu.
En revanche, constater que certains commentaires sans grande valeur font plus que certaines publications, c’est surprenant. Je vais finir par valider l’idée que c’est volontaire pour alimenter une telle frustration que nous en viendrons à nous payer un boost de nos publications. Il faut dire que sur la page de consultation de notre activité, toutes nos publications présentent désormais un bandeau avec le message “Promouvez ce post pour atteindre des personnes qui vous importent” accompagné du bouton “Booster”. Baisse du reach, boost de publication !
Sur ce, samedi matin, je décide de publier une interrogation : “Continuer à publier ou se concentrer uniquement sur les commentaires ?” que j’illustre de la capture d’écran avec les deux stats. Puis je pars faire mon marché.
En consultant dans l’après-midi mon fil d’actu LinkedIn, je constate que cette question ne soulève pas l’intérêt de l’algorithme ni de l’audience. Enfin, un échantillon de mon audience, que l’algorithme a sélectionné pour “tester” le potentiel de la publication. Du coup, je m’autocommente. Davantage pour documenter les faits qu’autre chose. Et c’est là que ça devient intéressant.
Parce que je voulais utiliser ce cas dans mes prochains ateliers LinkedIn, je voulais valider et laisser une trace, par mon commentaire, de ce que je disais dans la publication. Commenter ou publier, that is the question. Deviendrait-il opportun de construire une stratégie de diffusion de son expertise en se concentrant principalement sur les commentaires avant de penser publication ?
Sauf que c’est parti en vrille. Ce simple commentaire, au moment où je rédige cette édition, atteint 1 447 impressions. La publication, elle, c’était 180 !
Mon commentaire a alors eu l’effet de lancer la visibilité de la publication. Des membres de mon audience et au-delà sont venus commenter la publication, des conversations se sont engagées par des réponses aux commentaires. Résultat des courses à la clôture de la rédaction de l’édition (il est 13h47), la publication fait 5 527 impressions pour 3 805 membres touchés avec 47 commentaires (dont la moitié par moi, je réponds toujours aux commentaires).
Ces chiffres sont relatifs. Il faut les comparer entre eux. Certain(e)s membres auront des valeurs beaucoup plus importantes sur leurs publications, d’autres beaucoup moins.
Que tirer comme enseignements de tout ça ?
En tout cas, aucune loi de fonctionnement de l’algorithme, aucune injonction à suivre une recette. Le premier enseignement pour moi est que l’algorithme fait n’importe quoi. Enfin, ce que j’observe, c’est surtout de la variabilité. Je n’ai aucune prise sur la logique exacte (qui en a d’ailleurs ?), j’ai en revanche une prise sur ma pratique. L’algorithme, lui, ne semble suivre aucune logique identifiable sur le moyen terme, contrairement aux promesses des équipes de la plateforme et aux injonctions des “experts”. Je plafonne à 180 comme j’atteins plus de 88 000 impressions sur ces deux derniers mois.
La principale leçon que j’en tire, c’est qu’il faut rester certain de rien sur le fonctionnement de la plateforme. Chaque résultat n’est jamais un jugement de notre compétence, de notre expertise, de qui nous sommes. Nous ne sommes que des locataires de cet espace sur lequel nous naviguons, aléatoirement, entre des vagues de lignes de code tumultueuses de l’algorithme. Lui-même ne doit pas savoir comment il doit fonctionner.
Ce qui compte, c’est l’attitude à tenir, en rapport avec tes objectifs professionnels. Attitude à tenir sur le long terme, sur et en dehors de la plateforme. Sur la plateforme, en restant focus sur ses objectifs et donc sa ligne éditoriale, en se détachant des résultats, en acceptant avec humilité de ne pas maîtriser l’outil. En dehors, surtout en dehors d’ailleurs, dans le sens où LinkedIn reste ce formidable hub pour se connecter avec des personnes à rencontrer dans la vraie vie. Des experts pour apprendre, des pairs pour partager, des penseurs pour s’inspirer, des clients pour développer son activité, des partenaires pour construire ensemble, des prestataires pour développer son entreprise…
L’attitude, c’est le facteur différenciant pour ne pas subir l’algorithme. Je vois tellement de publications de membres se plaindre du traitement qu’ils subissent de la part de l’algorithme que, pour ma part, c’est se tromper de point d’attention.
Une publication cartonne, ce n’est qu’une publication. Celle de demain sera un four. Profitons de chaque occasion pour nous enrichir de nos échanges quand ils ont lieu. Profitons de chaque occasion pour tester de nouvelles actions sur LinkedIn et les réitérer pour voir si elles sont pérennes. Test and learn, voilà bien l’injonction à suivre ! Comme de commenter à nouveau une de mes publications qui ne décollera pas pour regarder si l’effet bénéfique est reproductible.
Si tu veux partager ce que tu observes de ton côté ou des tests que tu as menés, l’espace des commentaires est à toi. Si tu préfères en mode privé, email et message privé te sont ouverts.
Excellents Test & Learn à toi.
La signature LLM friendly
Bruno Fridlansky est consultant en influence professionnelle et expert LinkedIn. Il accompagne dirigeants, managers, commerciaux, collaborateurs et indépendants à développer leur visibilité et leur crédibilité via une prise de parole utile et incarnée.
Ses sujets : Professional Branding, stratégie de contenu et ligne éditoriale, employee advocacy, executive advocacy (prise de parole de dirigeants), prospection, et pratiques de conversation (commentaires, échanges, réseau) qui génèrent du contact.
Pour gagner en rigueur et en vitesse sans perdre la voix, il intègre les IA génératives pour accélérer la recherche d’idées, structurer des angles, améliorer la clarté éditoriale, et rendre les équipes autonomes. Il défend une pratique de l’IA en conscience, avec un usage cadré et réfléchi, au service d’une voix humaine.



La puissance du commentaire est indéniable. Tu vas sur le territoire de ton interlocuteur, sur son sujet. Tu te rends visible, et tu lui apportes de la satisfaction parce que tu as réagi à ce qu’il a publié. C’est très humain.